Le pari du développement économique (2)
Avant d'engager la commune dans la création d'un parc d'activités économiques , nous allions consulter l'indéboulonable Jean Royer , maire de Tours, ancien ministre . Le projet que nous envisagions était en effet limitrophe de la ville de Tours, du quartier des Douets , et aurait nécessairement besoin d'un débouché sur la rue de Suéde située sur la commune voisine .
Jean Royer accepta notre invitation et se déplaça en mairie de Notre Dame d'Oé pour échanger sur ce projet. C'était un samedi après midi . Il était grippé , une écharpe jusqu'au oreille ,l'air encore plus renfrogné qu'à l'acoutumée.
Quand je lui demandais quel partenariat pourrait s'établir entre nos deux communes sur le développement économique, en l'absence de toute intercommunalité, il me proposa de cautionner les emprunts que nous aurions à réaliser pour mener à bien ce projet et de nous partager le produit de la taxe professionnelle des entreprises qui s'implanteraient sur notre territoire . Une pratique qu'il avait déjà réussi à faire adopter par la commune de Parçay Meslay pour une zone d'activités voisine de la base aérienne . Une proposition qu'avait déjà accepté mon prédecesseur pour une future implantation de l'entreprise Nestlé en bordure du RD 29. Un marché de dupe que nous allions décliner .
A nos questions sur un éventuel débouché du parc d'activités oésiens sur la rue de Suéde , Jean Royer n'émit aucune objection et nous donna le feu vert pour lancer les études . Il n'était pas homme à tergiverser et sollicciter l'avis de ses collègues .
Avec l'aval de notre grand voisin ,nous allions donc nous lancer dans une étude et la viabilisation ( par tranches successives) du parc d'activités de l'Arche d'oé . Aucune référence biblique dans cette appellation mais la juxtaposition de deux toponymes du secteur : La Petite Arche et Notre Dame d'Oé .
Les travaux commençaient quand un élu de Tours Nord m'adressa une injonction d'arrêter les travaux . Sans doute alerté par les habitants du quartier voisin des Douets il voulait s'opposer à cette opération déjà très engagée. Je constatais que la communication ne fonctionnait pas très bien au sein du conseil municipal de Tours . Jean Royer avait décidé seul, comme à son habitude, et n'avait pas relayé les conclusions de notre rencontre à ses collègues .
Il nous fallut reprendre des négociations , tout en faisant valoir l'accord du maire .
Un compromis fut obtenu nous imposant la mise en place d'un feu tricolore au débouché du parc d'activités oésiens sur la rue du Suéde . Un investissement couteux de près de 300000 francs sensé sécuriser le passage des enfants vers l'école Perrochon voisine . Nous allions respecter cet engagement et implanter le premier et unique feu tricolore de la commune .
Il fut démonté quelques années plus tard quand la ville de Tours décida de recruter des auxiliares de circulation chargés de la surveillance des élèves et de leur sécurité à la sortie des écoles .L'investissement imposé n'avait pas fait la preuve de son utilité .
Le conseiller municipal de Tours qui avait ainsi contesté les décisions de son maire connut quelque temps plus tard des démélés avec la justice pour une sombre histoire ... L'Arche d'oé allait pouvoir se développer sans aléas
A suivre
Objet de longues discussions avec la ville de Tours : le débouché de l'Arche d'oé sur la rue de Suéde à Tours Nord .
