A l'approche d'une réunion du CHSCT de la métropole ,que je présidais, le Directeur des Ressources Humaines, avec qui je faisais régulièrement le point sur l'ordre du jour, m'alerte sur un sujet qui allait faire scandale .
Le syndicat CGT souhaite aborder le sujet de la présence de dépôts d'amainte sur les îles de la la Loire (Iles aux vaches, l'île Aucard)entre Tours et saint Pierre des Coprs. Avant que la compétence eau potable ne soit transférée en 2017 à la métropole ,les services techniques de la ville de Tours avaient mandaté une entreprise pour démonter d'anciens puits remplis d'amiante . Au lieu de procéder à l'élimination dans les régles de ces matériaux dangereux les déchets avaient été enfouis sur place , au beau milieu du fleuve, en zone inondable .
J'héritais là d'un dossier explosif qui alimentait la polémique entre deux syndicats concurrents . L'un d'eux accusait l'autre d'être responsable de cette situation . Le scandale aurait été diligenté et couvert par un syndicaliste du camp adverse. Une plainte judiciaire allait être déposée.La municipalité en place en faisait une affaire politique accusant ses prédecesseurs de cette négligence coupable .
Philippe Briand, furieux, qui héritait comme moi de ce dossier, allait prendre toute disposition pour faire fermer les sites au public, engager les études nécessaires pour le désamientage .Une opération techniquement complexe et financiément très couteuse .Plusieurs millions d'euros qui auraient été fort utiles sur d'autres projets ...
Je m'inquiétais quant à moi de la santé des agents qui avaient pu travailler sur ce chantier et comprendre où se situait les responsabilités .
Au regard des formations que nous avions initiées au sein de nos communes, des services techniques métropolitains, aucun agent , aucun ingénieur ne pouvait ignorer les risques liés à l'amiante . Aucun élu non plus .
Je m'empressais de contacter l'ancien directeur général des services de la ville de Tours ,en qui j'avais toute confiance, qui m'affirma que ce dossier ne lui était jamais remonté lors des travaux .
Les services de l'Etat étaient également dans leurs petits souliers car les autorisations préalables avient été données, les contrôles obligatoires non effectuées .....L'Etat allait comme par hasard s'engager à participer au financement de dépollution .
Qui était responsable ?Qui savait ? Elus, Ingénieurs,chefs de service, bureaux d'études,entreprises ? La justice devra se prononcer .
