La compétence du plan cyclable ayant été confiée à la communauté d'agglomération , nous allions solliciter et obtenir le financement d'un axe pour les vélos entre le centre bourg et le parc de la Cousinerie-Grandes Brosses; Une piste cyclable qui allait desservir le hameau des Remettières et pourrait se prolonger vers la commune de Mettray . Le schéma vélo ( à long terme) soutenait en effet le principe de ces liaisons intercommunales .
Si Tours plus finançait les investissements il laissait le soin à la commune d'assurer la maitrise foncière necessaire à la réalisation des travaux . Une bande de terre d'environ 1km sur 4 à 5 métres de large le long de la route de Mettray devait être acquise.
J'engageais donc les concertations d'usage avec les propriétaires . Une famille regroupée au sein d'une SCI qui ne cessait de se diviser, de s'étriper et d'engager entre eux des recours judiciaires . Une SCI qui faisait le siége de mon bureau depuis plus de 20 ans pour obtenir la constructibilité de leurs terres agricoles protégées aux plans d'urbanisme .
A ma grande surprise je devais assez rapidement obtenir un accord écrit de la SCI s'engageant à vendre les terrains necessaires à la ville. Complété quelques temps plus tard par un courrier du gérant de la SCI m'annonçant que la cession s'effectuerait pour l'euro symbolique ... Chose que le conseil municipal n'avait nullement sollicité ni même envisagé un instant.
Je compris très vite que la cession gratuite éviterait de recourir à l'expertise du service des Domaines pour fixer le montant de la transaction foncière comme en ont l'obligation les collectivités locales . Une démarche que souhaitait éviter la SCI toujours persuadée que ses terrains deviendraient un jour constructibles . Les Domaines auraient estimés les terrains à acquérir quelques euros voire même quelques centimes d'euros quand les terrains constructibles atteignaient déjà sur cette commune près de 150 euros le m 2.
Le conseil municipal devait donc accepter l'offre qui économiserait des deniers publics . Malheureusement l'affaire ne faisait que débuter !
Dans la semaine qui suivit la délibération municipale, le gérant devait m'écrire à nouveau , confirmant la cession gratuite des terrains nécessaires à la piste cyclable ....Mais en l'échange de la constructibilité de terrains familiaux dont il était propriétaire en zone agricole près du hameau des Remettières .
Un chantage inacceptable qui allait faire trainer la procédure d'acquisition ... pendant près de 5 années . A deux heures de la signature d'une visite sur le terrain avec le notaire le gérant tergiversait toujours . De report en report je craignais que les crédits d''investissements réservés par l'agglomération soient annulés .
Il fallut recourir à la menace d'une expropriation au prix des Domaines pour faire aboutir la transaction .Une délibération du conseil municipal fut adoptée pour m'autoriser à lancer la procédure . Une menace qui fit céder la SCI. Le chantier allait pouvoir débuter .Mais nous n'étions pas au bout de nos peines ....
Alors que les travaux allaient débuter , que les appels d'offre avaient aboutis, nous allions être confrontés à un recours de l'Architecte des Bâtiments de France . La future piste se situait dans le périmètre du manoir de la Chassetière , monument inscrit à l'inventaire des monuments protégés .Le maitre d'ouvrage ( la communauté d'agglomération) avait omis de solliciter l'avis de l'ABF prélablement ... Le projet allait encore être retardé ...
Plusieurs mois de discussion furent encore necessaires pour obtenir les autorisations . L'ABF exigeait que la piste cyclable soit réalisée en matériaux de couleur claire . Demande surprenante pour ne pas dire plus .... Le maire et les techniciens expliquèrent qu'un revêtement clair ne tarderait pas à connaitre des problémes d'entretien , subiraient les intempéries et ne tardearient pas à apparaitre dégradé et sale . Bien nous en pris puisque la piste ,malgré les interdictions affichées, est utilisée depuis par des cavaliers venus d'élevages voisins .
Une nouvelle tranche ( refusée à l'époque par les techniciens de la métropole face au manoir de la Chassetière) est annoncée .
Cette anecdote illustre les obstacles à surmonter par les élus pour réaliser des équipements réclamés en urgence par les électeurs . A ce rythme des décennies seront necessaires pour boucler le schéma vélo adopté par la métropole en 2019 .
