Comme évoqué dans une précédente publication la téléphonie sans fil a mobilisé et continue de mobiliser les élus devenus auxiliaires des groupes nationaux et internationaux . Rien de possible sans l'accord des collectivités locales pour trouver les emplacements nécessaires aux antennes émétrices, adapter les réglements d'urbanisme afin de délivrer les autorisations d'implantation, répondre à une partie de la population inquiéte de la propagation des ondes .
La mission était relativement facile quand il s'agissait de travailler avec "l'opérateur historique" France Telecom (devenu Orange) qui était l'interlocuteur unique pendants des décennies . L'ouverture du marché à la concurrence et l'apparition de nouvelles technologies allaient modifier la donne .
Le laisser faire aurait conduit à développer des antennes sur tout le territoire au mépris de la préservation des paysages ruraux et urbains .
Notre choix fut de refuser les implantations hors des parcs d'activités et d'accepter des antennes sur le seul point haut du secteur ...le chateau d'eau . Je ne compte pas les heures de travail qui furent nécessaires pour négocier les conventions d'implantation à chaque modification technique , pour assurer la protection de l'édifice, négocier les contenus avec chacun des opérateurs et l'exploitant du réseau d'eau , les loyers d'occupation du domaine public ....
Plus récemment l'apparition de la 4G nous confronta à de nouvelles demandes d'antennes, de type tubulaire ,pour permettre d'irriguer tout le territoire sans zone blanche . La contradiction réside toujours dans la volonté des usagers de bénéficier du meilleur service mais de ne pas accepter d'équipement près de chez eux .
Les communes de la métropole eurent la chance dans ces débats difficiles de pouvoir bénéficier des conseils et des compétences d'un service dédié . La métropole de Tours fut l'une des toutes premières à se doter d'un "Observatoire des Ondes" en capacité de mesurer les impacts des installations à la demande des communes ou des particuliers . Une cartographie des points de mesure ( notamment à proximité de toutes les écoles) fut mise en ligne .
Ce service métropolitain fut d'une grande utilité pour comprendre les réglementations, éviter les piéges techniques , négocier avec les opérateurs , accompagner les habitants . Il fut notamment associé à des réunions publiques dans le quartier des Douets à Tours Nord quand des entreprises demandèrent à implanter de nouvelles antennes dans le parc d'activités de l'Arche d'oé sur notre commune . Toutes les mesures réalisées, demandées parfois par des habitants inquiets ,démontrèrent que les émissions étaient toutes inférieures aux normes internationales . Bien moindres que celles émises par les téléphones portables accrochés en permanence aux oreilles ou la ceinture des jupes et pantalons . Bien moindres que celles émises au foyer par certains appareils electro ménager d'usage courant .
La mise en place d'antennes de téléphonie mobile s'accompagna du déploiement de la wifi dans certains lieux publics et de la fibre optique après diverses étapes intermédiaires . De quoi occuper quelques journées de travail ... sans évoquer le déploiement des compteurs communicants .Passés inaperçus pour le comptage de l'eau et du gaz ( Gazpar) ils firent l'objet de polémique diverses sur les comptages électriques ( Linky) . Sans que les élus aient la moindre compétence pour s'y opposer il nous fallut répondre aux peurs suscitées par ces nouvelles installations . En nombre trés limité sur notre commune .
Une charte de bonne conduite fut signée par les opérateurs avec l'ensemble des maires de la métropole .
Quelques mois avant les élections municipales nous allions cependant subir les pressions des opérateurs ,pressés d'engager le déploiement de la 5G. La législation nationale ayant évoluée le réglement du PLU (Plan Local d'Urbanisme) dut être modifié pour permettre des implantations hors des sites où nous les avions cantonés jusqu'alors ( parcs d'activités). Des demandes furent formulées pour implanter des antennes près du centre bourg et des zones d'habitat qui ne bénéficieraient pas d'une bonne couverture avec les antennes existantes trop éloignées .... C'est ainsi que l'on nous proposa d'implanter des antennes sur les mâts d'éclairage du stade . Les opérateurs étant prêts à financer la réfection compléte de ces éclairages pour obtenir les autorisations .
Il fallut hausser le ton pour refuser toute décision de cette nature avant les élections municipales toutes proches . Il me paraissait inacceptable de prendre des décisions sous la pression ,qui engageraient l'équipe qui nous succéderait .
Le débat se poursuit donc au niveau national avec des désaccords entre la commission citoyenne sur le climat et le Président de la République sur un éventuel moratoire sur la 5G. Le travail pédagogique reste à faire pour expliquer l'interêt et les conséquences de ce nouveau projet .

