Je ne sais trop comment j'ai eu à suivre la situation d'une soixantaine de personnes Roms entre 2009 et 2011. Pas de campement à Notre Dame d'oé et pas de compétence spécifique sur le sujet au sein de la communauté d'agglomération . Je crois savoir que mon nom fut communiqué aux responsables de ce dossier par Jean Patrick Gille, devenu député d'Indre et loire en 2007. Il m'avait aussi propulsé à la présidence de la Régie de quartier du Sanitas à Tours .
Je fus contacté par les représentants d'un groupement associatif :Réseau citoyen Ponts aux Oies, Chrétiens migrants, RESF 37 , CIMADE, LDH 37, représentés par Olivier Legros , universitaire , et Catherine , agent au CCAS de Tours .
Je découvris la situation inextricable de ces populations venues du Kosovo, de Macédoine , notamment pour fuir les atrocités de la guerre dans l'ex Yougoslavie . Inextricable car non régularisables ni expulsables . Européens mais pas citoyens de l'Union Européenne ils ne pouvaient obtenir de titre de séjours , n'avaient donc pas accés au travail ni au logement . Aucun accord international pour gérer humainement ces voyageurs :"Les maudits de l'Europe". Il faut avoir voyagé en Hongrie, en Roumanie pour comprendre le harcélement dont sont victimes ces êtres humains .
Ils s'étaient installés à la Gloriette ( Ponts aux Oies) dans des baraquements de fortune. mais aussi à Saint Genouph où mon collègue et ami Christian Avenet, confronté aux oppositions racistes de certains de ses habitants, s'efforçaient de leur venir en aide . En leur apportant de la nourriture et des moyens de survie , notamment pour les enfants, sur ses deniers personnels .
Mon amie Arlette Bosch , élue à Tours , avait engagé un important travail pour rechercher des solutions de relogement dans des foyers Adema et le parc HLM à Tours et Joué les Tours .Du provisoire ...
Un groupe de travail fut constitué , qui se réunissait régulièrement , avec les représentants du groupement associatif , des agents des services concernés ( CCAS, département ...) , Christian Avenet ,maire de Saint Genouph,pour étudier chaque cas personnel . Des jeunes femmes , des hommes adultes , qui voulaient travailler pour éviter la mendicité, et la grande précarité. Ils avaient noms Slobodan, Atifa, Régina,Terezana... L'objectif du groupe était principalement de rechercher pour chacun d'entre eux des possibilités d'insertion en formation , en emploi . Nous mobilisions nos relations , les associations et entreprises d'insertion que nous connaissions bien, quelques entreprises dites "citoyennes" ,pour dénicher des petits boulots permettant d'obtenir un titre de séjour de quelques mois pour ceratins d'entre eux. .
Ma mission consistait à servir d'intermédiaire avec les services de la Préfecture . Je venais rencontrer régulièrement deux responsables préfectorales , connues de longue date, qui avaient accepté, avec l'accord du Préfet Filly, de me recevoir pour évoquer ces dossiers individuels . Je plaidais leur cause pour obtenir une régularisation dés lors que nous avions pu obtenir une piste de recutement . Une démarche discrète, quasi secréte , pour ne pas attirer l'attention sur ce travail de fourmi . J'obtenais parfois satisfaction mais les résultats étaient bien modestes .
C'est à cette époque que Nicolas Sarkozy prononça son discours de Grenoble ( 30 juillet 2010) à la suite d'incidents graves survenus en Isére et à Thésée ( Loir et Cher) avec des gens du voyage . Avec démagogie et populisme, multipliant les amgalmes, son discours sécuritaire visait tout autant les Roms , que les gitans et forains ...de nationalité française . Des expulsions de camps de Roms furent décidés . Mes contacts préfectoraux de moins en moins efficaces.
Démagogie politique à l'approche des présidentielles qui ne devait rien régler sur le fonds ....
Avec W.Schwartz , maire de La Riche, devenu président de Tours Métropole en 2020, et la Prèfète d'indre et Loire, nous avions eu à traiter en 2018.2019 une situation similaire pour l'aménagement des Iles Noires en bord de Loire où séjournait cette fois un groupe de Bulgares .
Ca se passe en Europe au XXI éme siécle.

Photo Nouvelle République .