A compter du 1 er janvier 2023 les collectivités locales en charge de la collecte et de la valorisation des déchets devront mettre en place le tri de tous les déchets plastiques . En jargon technique :passer à l'extension des consignes de tri . La poubelle jaune pourra recevoir tous les emballages plastiques : films, barquettes, pots de yaourts ..... Et d'autres petits matériaux comme les petits objets métalliques (ex: capsules de café). Ces directives imposent la création de centres de tri d'une nouvelle génération faisant appel à des technologies plus pointues et de taille "régionale" pour satisfaire aux contraintes économiques et financières .Ces centres de tri devront obligatoirement être agréés et homologués pour espérer continuer à percevoir les aides financières indispensables ( qui représentent 10% en moyenne du montant des taxes payées par les ménages)
La métropole tourangelle a rapidement anticipé ces évolutions en lançant ,dés l'adoption du plan départemental de prévention et valorisation des déchets adopté en 2014 , les expérimentations nécessaires sur son centre de tri de la Grange David . Il a été démontré que le tri de tous les plastiques ,dans leur grande diversité , était techniquement possible . Malheureusement l'éco organisme CITEO n'ayant pas les moyens financiers d'accompagner toutes les collectivités lancées dans l'expérimentation les consignes ont été différées . La métropole valorise cependant 100% du gisement entrant au centre de tri de la Grange David à la Riche par la production de Combustibles Solides de Récupération ( CSR) . En clair on produit un combustible avec les refus de tri (produits issus des erreurs de tri ).
Très vite les organismes nationaux (ADEME- CITEO) ont fait savoir que le centre de tri de la métropole deviendrait obsolète tout comme ceux des territoires voisins ( Chinon, Loches ....).
Le syndicat Touraine Propre, que je présidais , devait lancer les études de faisabilité d'un nouvel équipement, s'efforcer de renforcer la coopération intercommunale sur un tel projet, rechercher un site d'implantation .
Des études qui démontrèrent l'impossibilité d'agrandir et moderniser le centre de tri existant à la Riche sur un site situé en zone inondable . Des études qui permirent aussi de confirmer l'intérêt de positionner cet équipement sur le territoire métropolitain qui assure à lui seul plus de 50% des productions de déchets de ce département . Des visites de centres de tri furent organisées (La Roche sur Yon, Rennes, La Rochelle ....)
De longs mois d'échanges furent nécessaires pour féderer l'ensemble des syndicats du département d'Indre et Loire ( hors Bourgueillois qui coopérent avec le Saumurois) ., d'une grande partie du Loir et Cher et de la Sarthe . Le projet était devenu interdépartemental et même inter-régional puisque la Sarthe est située en Pays de Loire . Pour répondre aux lacunes d'une organisation territoriale toujours inachevée il fallut constituer une société publique locale (SPL) regroupant 9 collectivités et 900000 habitants .
Grace aux efforts de toutes les collectivités et à un large consensus né de la concertation la SPL fut crée en janvier 2019 en présence de tous les présidents d'intercommunalités de ce vaste territoire .Après de longues et fastidieuses réflexions sur les aspects juridiques et financiers d'un montage inhabituel pour les collectivités territoriales.
Pour anticiper la construction future la métropole décida d'acquérir un terrain de 7 ha au Cassantin sur les communes de Parçay Meslay et Chanceaux sur Choisille .
Avant les élections municipales de 2020 ce projet était donc sur les rails : 5 entreprises avaient répondu à une mise en concurrence .Chacune d'elles avait été auditionnée à deux reprises . L'analyse des offres réalisée , les études d'urbanisme démandées à l'ATU , permettaient de fournir aux nouveaux élus les outils d'une aide à lé décision dans les meilleurs délais possibles .
Des études complémentaires devaient être conduites sur les financements et les modalités de péréquation des coûts de transports.
Le 5 novembre 2020 je venais saluer le nouveau conseil d'administration qui devait élire Thierry Boulay, pour me succéder à la présidence de la SPL TRi Val de Loire ....
Je leur souhaitais pleine réussite . Il reste deux ans pour respecter les directives nationales ....sous réserve , comme je l'indiquais à mes collègues en faisant mes adieux, que les régles et les stratégies ne soient pas modifiées au dernier moment comme c'est la régle habituelle dans ce pays sur ces dossiers ... Au cours de mes mandats successifs je n'ai connu que 19 préfets et 30 ministres en charge de l'environnement qui avaient tous de bonnes idées sur ces sujets ....



